D'antan et toujours

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D'antan et toujours

Message par compadiou le Mar 8 Mai - 14:54

LE SECRET DE MAITRE CORNILLE
Alphonse Daudet


Francet Mamai, un vieux joueur de fifre, qui vient de temps en temps
faire la veillee chez moi, en buvant du vin cuit, m'a raconte l'autre
soir un petit drame de village dont mon moulin a ete temoin il y a
quelque vingt ans. Le recit du bonhomme m'a touche, et je vais essayer
de vous le redire tel que je l'ai entendu.

Imaginez-vous pour un moment, chers lecteurs, que vous etes assis devant
un pot de vin tout parfume, et que c'est un vieux joueur de fifre qui
vous parle.

* * * * *

Notre pays, mon bon monsieur, n'a pas toujours ete un endroit mort et
sans renom, comme il est aujourd'hui. Autre temps, il s'y faisait un
grand commerce de meunerie, et, dix lieues a la ronde, les gens des
_mas_ nous apportaient leur ble a moudre... Tout autour du village, les
collines etaient couvertes de moulins a vent. De droite et de gauche on
ne voyait que des ailes qui viraient au mistral par-dessus les pins, des
ribambelles de petits anes charges de sacs, montant et devalant le long
des chemins; et toute la semaine c'etait plaisir d'entendre sur la
hauteur le bruit des fouets, le craquement de la toile et le _Dia hue!_
des aides-meuniers... Le dimanche nous allions aux moulins, par bandes.
La-haut, les meuniers payaient le muscat. Les meunieres etaient belles
comme des reines, avec leurs fichus de dentelles et leurs croix d'or.
Moi, j'apportais mon fifre, et jusqu'a la noire nuit on dansait des
farandoles. Ces moulins-la, voyez-vous, faisaient la joie et la richesse
de notre pays.

Malheureusement, des Francais de Paris eurent l'idee d'etablir une
minoterie a vapeur, sur la route de Tarascon. Tout beau, tout nouveau!
Les gens prirent l'habitude d'envoyer leurs bles aux minotiers, et les
pauvres moulins a vent resterent sans ouvrage. Pendant quelque temps ils
essayerent de lutter, mais la vapeur fut la plus forte, et l'un apres
l'autre, _pecaire!_ ils furent tous obliges de fermer... On ne vit plus
venir les petits anes... Les belles meunieres vendirent leurs croix
d'or... Plus de muscat! plus de farandole!... Le mistral avait beau
souffler, les ailes restaient immobiles... Puis, un beau jour, la
commune fit jeter toutes ces masures a bas, et l'on sema a leur place de
la vigne et des oliviers.

Pourtant, au milieu de la debacle, un moulin avait tenu bon et
continuait de virer courageusement sur sa butte, a la barbe des
minotiers. C'etait le moulin de maitre Cornille, celui-la meme ou nous
sommes en train de faire la veillee en ce moment.

* * * * *

Maitre Cornille etait un vieux meunier, vivant depuis soixante ans dans
la farine et enrage pour son etat. L'installation des minoteries l'avait
rendu comme fou. Pendant huit jours, on le vit courir par le village,
ameutant le monde autour de lui et criant de toutes ses forces qu'on
voulait empoisonner la Provence avec la farine des minotiers. "N'allez
pas la-bas, disait-il; ces brigands-la, pour faire le pain, se servent
de la vapeur, qui est une invention du diable, tandis que moi je
travaille avec le mistral et la tramontane, qui sont la respiration du
bon Dieu..." Et il trouvait comme cela une foule de belles paroles a la
louange des moulins a vent, mais personne ne les ecoutait.

Alors, de male rage, le vieux s'enferma dans son moulin et vecut tout
seul comme une bete farouche. Il ne voulut pas meme garder pres de lui
sa petite-fille Vivette, une enfant de quinze ans, qui, depuis la mort
de ses parents, n'avait plus que son _grand_ au monde. La pauvre petite
fut obligee de gagner sa vie et de se louer un peu partout dans les
_mas_, pour la moisson, les magnans ou les olivades. Et pourtant son
grand-pere avait l'air de bien l'aimer, cette enfant-la. Il lui arrivait
souvent de faire ses quatre lieues a pied par le grand soleil pour aller
la voir au _mas_ ou elle travaillait, et quand il etait pres d'elle, il
passait des heures entieres a la regarder en pleurant...

Dans le pays on pensait que le vieux meunier, en renvoyant Vivette
avait agi par avarice; et cela ne lui faisait pas honneur de laisser sa
petite-fille ainsi trainer d'une ferme a l'autre, exposee aux brutalites
des _bailes_ et a toutes les miseres des jeunesses en condition. On
trouvait tres mal aussi qu'un homme du renom de maitre Cornille, et qui,
jusque-la, s'etait respecte, s'en allat maintenant par les rues comme un
vrai bohemien, pieds nus, le bonnet troue, la taillole en lambeaux...
Le fait est que le dimanche, lorsque nous le voyions entrer a la messe,
nous avions honte pour lui, nous autres les vieux; et Cornille le
sentait si bien qu'il n'osait plus venir s'asseoir sur le banc d'oeuvre.
Toujours il restait au fond de l'eglise, pres du benitier, avec les
pauvres.

* * * * *

Dans la vie de maitre Cornille il y avait quelque chose qui n'etait pas
clair. Depuis longtemps personne, au village, ne lui portait plus de
ble, et pourtant les ailes de son moulin allaient toujours leur train
comme devant... Le soir, on rencontrait par les chemins le vieux
meunier poussant devant lui son ane charge de gros sacs de farine.

--Bonnes vepres, maitre Cornille! lui criaient les paysans; ca va donc
toujours, la meunerie.

--Toujours, mes enfants, repondait le vieux d'un air gaillard. Dieu
merci, ce n'est pas l'ouvrage qui nous manque.

Alors, si on lui demandait d'ou diable pouvait venir tant d'ouvrage, il
se mettait un doigt sur les levres et repondait gravement: "_Motus!_ je
travaille pour l'exportation..." Jamais on n'en put tirer davantage.

Quant a mettre le nez dans son moulin, il n'y fallait pas songer. La
petite Vivette elle-meme n'y entrait pas...

Lorsqu'on passait devant, on voyait la porte toujours fermee, les
grosses ailes toujours en mouvement, le vieil ane broutant le gazon de
la plate-forme, et un grand chat maigre qui prenait le soleil sur le
rebord de la fenetre et vous regardait d'un air mechant.

Tout cela sentait le mystere et faisait beaucoup jaser le monde. Chacun
expliquait de sa facon le secret de maitre Cornille, mais le bruit general
etait qu'il y avait dans ce moulin-la encore plus de sacs d'ecus que de
sacs de farine.

A la longue pourtant tout se decouvrit; voici comment:

En faisant danser la jeunesse avec mon fifre, je m'apercus un beau jour
que l'aine de mes garcons et la petite Vivette s'etaient rendus amoureux
l'un de l'autre. Au fond je n'en fus pas fache, parce qu'apres tout
le nom de Cornille etait en honneur chez nous, et puis ce joli petit
passereau de Vivette m'aurait fait plaisir a voir trotter dans ma
maison. Seulement, comme nos amoureux avaient souvent occasion d'etre
ensemble, je voulus, de peur d'accidents, regler l'affaire tout de
suite, et je montai jusqu'au moulin pour en toucher deux mots au
grand-pere... Ah! le vieux sorcier! il faut voir de quelle maniere il
me recut! Impossible de lui faire ouvrir sa porte. Je lui expliquai mes
raisons tant bien que mal, a travers le trou de la serrure; et tout le
temps que je parlais, il y avait ce coquin de chat maigre qui soufflait
comme un diable au-dessus de ma tete.

Le vieux ne me donna pas le temps de finir, et me cria fort
malhonnetement de retourner a ma flute; que, si j'etais presse de marier
mon garcon, je pouvais bien aller chercher des filles a la minoterie...
Pensez que le sang me montait d'entendre ces mauvaises paroles; mais
j'eus tout de meme assez de sagesse pour me contenir, et, laissant ce
vieux fou a sa meule, je revins annoncer aux enfants ma deconvenue...
Ces pauvres agneaux ne pouvaient pas y croire; ils me demanderent
comme une grace de monter tous deux ensemble au moulin, pour parler au
grand-pere... Je n'eus pas le courage de refuser, et prrrt! voila
mes amoureux partis. Tout juste comme ils arrivaient la-haut, maitre
Cornille venait de sortir. La porte etait fermee a double tour; mais le
vieux bonhomme, en partant, avait laisse son echelle dehors, et tout de
suite l'idee vint aux enfants d'entrer par la fenetre, voir un peu ce
qu'il y avait dans ce fameux moulin...

Chose singuliere! la chambre de la meule etait vide... Pas un sac,
pas un grain de ble; pas la moindre farine aux murs ni sur les toiles
d'araignee... On ne sentait pas meme cette bonne odeur chaude de
froment ecrase qui embaume dans les moulins... L'arbre de couche etait
couvert de poussiere, et le grand chat maigre dormait dessus.

La piece du bas avait le meme air de misere et d'abandon:--un mauvais
lit, quelques guenilles, un morceau de pain sur une marche d'escalier,
et puis dans un coin trois ou quatre sacs creves d'ou coulaient des
gravats et de la terre blanche.

C'etait la le secret de maitre Cornille! C'etait ce platras qu'il
promenait le soir par les routes, pour sauver l'honneur du moulin et
faire croire qu'on y faisait de la farine... Pauvre moulin! Pauvre
Cornille! Depuis longtemps les minotiers leur avaient enleve leur
derniere pratique. Les ailes viraient toujours, mais la meule tournait a
vide.

Les enfants revinrent tout en larmes, me conter ce qu'ils avaient vu.
J'eus le coeur creve de les entendre... Sans perdre une minute, je
courus chez les voisins, je leur dis la chose en deux mots, et nous
convinmes qu'il fallait, sur l'heure, porter au moulin Cornille tout ce
qu'il y avait de froment dans les maisons... Sitot dit, sitot fait.
Tout le village se met en route, et nous arrivons la-haut avec une
procession d'anes charges de ble,--du vrai ble, celui-la!

Le moulin etait grand ouvert... Devant la porte, maitre Cornille, assis
sur un sac de platre, pleurait, la tete dans ses mains. Il venait de
s'apercevoir, en rentrant, que pendant son absence on avait penetre chez
lui et surpris son triste secret.

--Pauvre de moi! disait-il. Maintenant, je n'ai plus qu'a mourir... Le
moulin est deshonore.

Et il sanglotait a fendre l'ame, appelant son moulin par toutes sortes
de noms, lui parlant comme a une personne veritable. A ce moment, les
anes arrivent sur la plate-forme, et nous nous mettons tous a crier bien
fort comme au beau temps des meuniers:

--Ohe! du moulin!... Ohe! maitre Cornille!

Et voila les sacs qui s'entassent devant la porte et le beau grain roux
qui se repand par terre, de tous cotes...

Maitre Cornille ouvrait de grands yeux. Il avait pris du ble dans le
creux de sa vieille main et il disait, riant et pleurant a la fois:

--C'est du ble!... Seigneur Dieu!... Du bon ble!... Laissez-moi, que je
le regarde.

Puis, se tournant vers nous:

--Ah! je savais bien que vous me reviendriez... Tous ces minotiers sont
des voleurs.

Nous voulions l'emporter en triomphe au village:

--Non, non, mes enfants; il faut avant tout que j'aille donner a manger
a mon moulin... Pensez donc! il y a si longtemps qu'il ne s'est rien
mis sous la dent!

Et nous avions tous des larmes dans les yeux de voir le pauvre vieux
se demener de droite et de gauche, eventrant les sacs, surveillant
la moule, tandis que le grain s'ecrasait et que la fine poussiere de
froment s'envolait au plafond.

C'est une justice a nous rendre: a partir de ce jour-la, jamais nous ne
laissames le vieux meunier manquer d'ouvrage. Puis, un matin, maitre
Cornille mourut, et les ailes de notre dernier moulin cesserent de
virer, pour toujours cette fois... Cornille mort, personne ne prit sa
suite. Que voulez-vous, monsieur!... tout a une fin en ce monde, et il
faut croire que le temps des moulins a vent etait passe comme celui des
coches sur le Rhone, des parlements et des jaquettes a grandes fleurs.
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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Mar 8 Mai - 14:59

Les lettres de mon moulin, Alphonse Daudet

LES ETOILES

RECIT D'UN BERGER PROVENCAL.


Du temps que je gardais les betes sur le Luberon, je restais des
semaines entieres sans voir ame qui vive, seul dans le paturage avec
mon chien Labri et mes ouailles. De temps en temps l'ermite du
Mont-de-l'Ure passait par la pour chercher des simples ou bien
j'apercevais la face noire de quelque charbonnier du Piemont; mais
c'etaient des gens naifs, silencieux a force de solitude, ayant perdu le
gout de parler et ne sachant rien de ce qui se disait en bas dans
les villages et les villes. Aussi, tous les quinze jours, lorsque
j'entendais, sur le chemin qui monte, les sonnailles du mulet de
notre ferme m'apportant les provisions de quinzaine, et que je voyais
apparaitre peu a peu, au-dessus de la cote, la tete eveillee du petit
_miarro_ (garcon de ferme), ou la coiffe rousse de la vieille tante
Norade, j'etais vraiment bien heureux. Je me faisais raconter les
nouvelles du pays d'en bas, les baptemes, les mariages; mais ce qui
m'interessait surtout, c'etait de savoir ce que devenait la fille de mes
maitres, notre demoiselle Stephanette, la plus jolie qu'il y eut a dix
lieues a la ronde. Sans avoir l'air d'y prendre trop d'interet, je
m'informais si elle allait beaucoup aux fetes, aux veillees, s'il lui
venait toujours de nouveaux galants; et a ceux qui me demanderont ce que
ces choses-la pouvaient me faire, a moi pauvre berger de la montagne, je
repondrai, que j'avais vingt ans et que cette Stephanette etait ce que
j'avais vu de plus beau dans ma vie.

Or, un dimanche que j'attendais les vivres de quinzaine, il se trouva
qu'ils n'arriverent que tres tard. Le matin je me disais: "C'est la
faute de la grand'messe;" puis, vers midi, il vint un gros orage, et je
pensai que la mule n'avait pas pu se mettre en route a cause du mauvais
etat des chemins. Enfin, sur les trois heures, le ciel etant lave, la
montagne luisante d'eau et de soleil, j'entendis parmi l'egouttement des
feuilles et le debordement des ruisseaux gonfles les sonnailles de la
mule, aussi gaies, aussi alertes qu'un grand carillon de cloches un jour
de Paques. Mais ce n'etait pas le petit _miarro_, ni la vieille Norade
qui la conduisait. C'etait... devinez qui!... notre demoiselle; mes
enfants! notre demoiselle en personne, assise droite entre les sacs
d'osier, toute rose de l'air des montagnes et du rafraichissement de
l'orage.

Le petit etait malade, tante Norade en vacances chez ses enfants. La
belle Stephanette m'apprit tout ca, en descendant de sa mule, et aussi
qu'elle arrivait tard parce qu'elle s'etait perdue en route; mais a la
voir si bien endimanchee, avec son ruban a fleurs, sa jupe brillante
et ses dentelles, elle avait plutot l'air de s'etre attardee a quelque
danse que d'avoir cherche son chemin dans les buissons. O la mignonne
creature! Mes yeux ne pouvaient se lasser de la regarder. Il est vrai
que je ne l'avais jamais vue de si pres. Quelquefois l'hiver, quand les
troupeaux etaient descendus dans la plaine et que je rentrais le soir
a la ferme pour souper, elle traversait la salle vivement, sans guere
parler aux serviteurs, toujours paree et un peu fiere... Et maintenant
je l'avais la devant moi, rien que pour moi; n'etait-ce pas a en perdre
la tete?

Quand elle eut tire les provisions du panier, Stephanette se mit a
regarder curieusement autour d'elle. Relevant un peu sa belle jupe du
dimanche qui aurait pu s'abimer, elle entra dans le _parc_, voulut voir
le coin ou je couchais, la creche de paille avec la peau de mouton, ma
grande cape accrochee au mur, ma crosse, mon fusil a pierre. Tout cela
l'amusait.

--Alors c'est ici que tu vis, mon pauvre berger? Comme tu dois t'ennuyer
d'etre toujours seul! Qu'est-ce que tu fais? A quoi penses-tu?...

J'avais envie de repondre: "A vous, maitresse," et je n'aurais pas
menti: mais mon trouble etait si grand que je ne pouvais pas seulement
trouver une parole. Je crois bien qu'elle s'en apercevait, et que la
mechante prenait plaisir a redoubler mon embarras avec ses malices:

--Et ta bonne amie, berger, est-ce qu'elle monte te voir quelquefois?...
Ca doit etre bien sur la chevre d'or, ou cette fee Esterelle qui ne
court qu'a la pointe des montagnes...

Et elle-meme, en me parlant, avait bien l'air de la fee Esterelle, avec
le joli rire de sa tete renversee et sa hate de s'en aller qui faisait
de sa visite une apparition.

--Adieu, berger.

--Salut, maitresse.

Et la voila partie, emportant ses corbeilles vides.

Lorsqu'elle disparut dans le sentier en pente, il me semblait que les
cailloux, roulant sous les sabots de la mule, me tombaient un a un sur
le coeur. Je les entendis longtemps, longtemps; et jusqu'a la fin du
jour je restai comme ensommeille, n'osant bouger, de peur de faire en
aller mon reve. Vers le soir, comme le fond des vallees commencait
a devenir bleu et que les betes se serraient en belant l'une contre
l'autre pour rentrer au _parc_, j'entendis qu'on m'appelait dans la
descente, et je vis paraitre notre demoiselle, non plus rieuse ainsi
que tout a l'heure, mais tremblante de froid, de peur, de mouillure. Il
parait qu'au bas de la cote elle avait trouve la Sorgue grossie par la
pluie d'orage, et qu'en voulant passer a toute force elle avait risque
de se noyer. Le terrible, c'est qu'a cette heure de nuit il ne fallait
plus songer a retourner a la ferme; car le chemin par la traverse, notre
demoiselle n'aurait jamais su s'y retrouver toute seule, et moi je ne
pouvais pas quitter le troupeau. Cette idee de passer la nuit sur la
montagne la tourmentait beaucoup, surtout a cause de l'inquietude des
siens. Moi, je la rassurais de mon mieux:

--En juillet, les nuits sont courtes, maitresse... Ce n'est qu'un
mauvais moment.

Et j'allumai vite un grand feu pour secher ses pieds et sa robe toute
trempee de l'eau de la Sorgue. Ensuite j'apportai devant elle du lait,
des fromageons; mais la pauvre petite ne songeait ni a se chauffer, ni
a manger, et de voir les grosses larmes qui montaient dans ses yeux,
j'avais envie de pleurer, moi aussi.

Cependant la nuit etait venue tout a fait. Il ne restait plus sur la
crete des montagnes qu'une poussiere de soleil, une vapeur de lumiere du
cote du couchant. Je voulus que notre demoiselle entrat se reposer dans
le _parc_. Ayant etendu sur la paille fraiche une belle peau toute
neuve, je lui souhaitai la bonne nuit, et j'allai m'asseoir dehors
devant la porte... Dieu m'est temoin que, malgre le feu d'amour qui me
brulait le sang, aucune mauvaise pensee ne me vint; rien qu'une grande
fierte de songer que dans un coin du _parc_, tout pres du troupeau
curieux qui la regardait dormir, la fille de mes maitres,--comme une
brebis plus precieuse et plus blanche que toutes les autres,--reposait,
confiee a ma garde. Jamais le ciel ne m'avait paru si profond, les
etoiles si brillantes... Tout a coup, la claire-voie du _parc_ s'ouvrit
et la belle Stephanette parut. Elle ne pouvait pas dormir. Les betes
faisaient crier la paille en remuant, ou belaient dans leurs reves. Elle
aimait mieux venir pres du feu. Voyant cela, je lui jetai ma peau de
bique sur les epaules, j'activai la flamme, et nous restames assis l'un
pres de l'autre sans parler. Si vous avez jamais passe la nuit a
la belle etoile, vous savez qu'a l'heure ou nous dormons, un monde
mysterieux s'eveille dans la solitude et le silence. Alors les sources
chantent bien plus clair, les etangs allument des petites flammes. Tous
les esprits de la montagne vont et viennent librement; et il y a dans
l'air des frolements, des bruits imperceptibles, comme si l'on entendait
les branches grandir, l'herbe pousser. Le jour, c'est la vie des etres;
mais la nuit, c'est la vie des choses. Quand on n'en a pas l'habitude,
ca fait peur... Aussi notre demoiselle etait toute frissonnante et
se serrait contre moi au moindre bruit. Une fois, un cri long,
melancolique, parti de l'etang qui luisait plus bas, monta vers nous en
ondulant. Au meme instant une belle etoile filante glissa par-dessus nos
tetes dans la meme direction, comme si cette plainte que nous venions
d'entendre portait une lumiere avec elle.

--Qu'est-ce que c'est? me demanda Stephanette a voix basse.

--Une ame qui entre en paradis, maitresse; et je fis le signe de la
croix.

Elle se signa aussi, et resta un moment la tete en l'air, tres
recueillie. Puis elle me dit:

--C'est donc vrai, berger, que vous etes sorciers, vous autres?

--Nullement, notre demoiselle. Mais ici nous vivons plus pres des
etoiles, et nous savons ce qui s'y passe mieux que des gens de la
plaine.

Elle regardait toujours en haut, la tete appuyee dans la main, entouree
de la peau de mouton comme un petit patre celeste:

--Qu'il y en a! Que c'est beau! Jamais je n'en avais tant vu... Est-ce
que tu sais leurs noms, berger?

--Mais oui, maitresse... Tenez! juste au-dessus de nous, voila le
_Chemin de saint Jacques_ (la voie lactee). Il va de France droit sur
l'Espagne. C'est saint Jacques de Galice qui l'a trace pour montrer sa
route au brave Charlemagne lorsqu'il faisait la guerre aux Sarrasins[2].
Plus loin, vous avez le _Char des ames_ (la grande Ourse) avec ses
quatre essieux resplendissants. Les trois etoiles qui vont devant sont
les _Trois betes_, et cette toute petite contre la troisieme c'est le
_Charretier_. Voyez-vous tout autour cette pluie d'etoiles qui tombent?
ce sont les ames dont le bon Dieu ne veut pas chez lui... Un peu plus
bas, voici le _Rateau_ ou les _Trois rois_ (Orion). C'est ce qui nous
sert d'horloge, a nous autres. Rien qu'en les regardant, je sais
maintenant qu'il est minuit passe. Un peu plus bas, toujours vers le
midi, brille _Jean de Milan_, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette
etoile-la, voici ce que les bergers racontent. Il parait qu'une nuit
_Jean de Milan_, avec les _Trois rois_ et la _Poussiniere_ (la Pleiade),
furent invites a la noce d'une etoile de leurs amies. La _Poussiniere_,
plus pressee, partit, dit-on, la premiere, et prit le chemin haut.
Regardez-la, la-haut, tout au fond du ciel. Les _Trois rois_ couperent
plus bas et la rattraperent; mais ce paresseux de _Jean de Milan_, qui
avait dormi trop tard, resta tout a fait derriere, et furieux, pour
les arreter, leur jeta son baton. C'est pourquoi les _Trois rois_
s'appellent aussi le _Baton de Jean de Milan_... Mais la plus belle
de toutes les etoiles, maitresse, c'est la notre, c'est l'_Etoile du
berger_, qui nous eclaire a l'aube quand nous sortons le troupeau,
et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore
_Maguelonne_, la belle Maguelonne qui court apres _Pierre de Provence_
(Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans.

[Note 2: Tous ces details d'astronomie populaire sont traduits de
l'_Almanach provencal_ qui se publie en Avignon.]

--Comment! berger, il y a donc des mariages d'etoiles?

--Mais oui, maitresse.

Et comme j'essayais de lui expliquer ce que c'etait que ces mariages, je
sentis quelque chose de frais et de fin peser legerement sur mon epaule.
C'etait sa tete alourdie de sommeil qui s'appuyait contre moi avec un
joli froissement de rubans, de dentelles et de cheveux ondes. Elle
resta ainsi sans bouger jusqu'au moment ou les astres du ciel palirent,
effaces par le jour qui montait. Moi, je la regardais dormir, un peu
trouble au fond de mon etre, mais saintement protege par cette claire
nuit qui ne m'a jamais donne que de belles pensees. Autour de nous, les
etoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand
troupeau; et par moments je me figurais qu'une de ces etoiles, la plus
fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, etait venue se poser sur
mon epaule pour dormir...
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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Mar 8 Mai - 15:24

BALLADES EN PROSE


En ouvrant ma porte ce matin, il y avait autour de mon moulin un grand
tapis de gelee blanche. L'herbe luisait et craquait comme du verre;
toute la colline grelottait... Pour un jour ma chere Provence s'etait
deguisee en pays du Nord; et c'est parmi les pins franges de givre, les
touffes de lavandes epanouies en bouquets de cristal, que j'ai ecrit ces
deux ballades d'une fantaisie un peu germanique, pendant que la gelee
m'envoyait ses etincelles blanches, et que la-haut, dans le ciel
clair, de grands triangles de cigognes venues du pays de Henri Heine
descendaient vers la Camargue en criant: "Il fait froid... froid...
froid."
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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Mar 8 Mai - 15:25

si vous saturez, dites le moa, car moa je bois du petit lait
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Re: D'antan et toujours

Message par mrrire22 le Mar 8 Mai - 15:33

Du grand art, je devrai dire ART d'ailleur Very Happy

C'est magnifique comem initiative cher Compadiou, je n'ai pas encore tout lu mais celà ne serait tardé Very Happy

"Il a de la réserve littéraire le Compadiou. Prend garde d'enlever la poussière des livres de temps en temps Razz"
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Re: D'antan et toujours

Message par magique le Mer 9 Mai - 8:54

mrrire22 a écrit:Du grand art, je devrai dire ART d'ailleur Very Happy

C'est magnifique comem initiative cher Compadiou, je n'ai pas encore tout lu mais celà ne serait tardé Very Happy

"Il a de la réserve littéraire le Compadiou. Prend garde d'enlever la poussière des livres de temps en temps Razz"
sunny

Non non, mon cher Mrrire22, tu as bien fait d'écrire "art", car Art est réservé pour le "Grand Oeuvre" Wink

Si tu veux pouvoir lire tranquilement, toutes les oeuvres d'Alphonse Daudet elles sont maintenant libres de droits et tu peux en retrouver la presque totalité sur le site de téléchargement de la Bibliothèque Nationale :

http://gallica.bnf.fr/

Il te suffit d'y faire une recherche sur le nom "Alphonse Daudet" pour pouvoir télécharger le texte que tu veux parmi une liste de 41 ouvrages de cet auteur provençal

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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Mer 9 Mai - 13:53

Bien cher Magique,

mes neurones coincent sur ce A majuscule du mot art, et, malgré des recherches sur divers dictionnaires, je ne comprends toujours pas dans quels cas le mot art DOIT( règle) s'écrire avec une majuscule (mis à part l' expression "Beaux- Arts" ou en début de phrase).
Je te demande encore une fois de venir m' " éclairer" par ton immense richesse culturelle.
Très objectivement .
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Re: D'antan et toujours

Message par magique le Jeu 10 Mai - 8:49

compadiou a écrit:Bien cher Magique,

mes neurones coincent sur ce A majuscule du mot art, et, malgré des recherches sur divers dictionnaires, je ne comprends toujours pas dans quels cas le mot art DOIT( règle) s'écrire avec une majuscule (mis à part l' expression "Beaux- Arts" ou en début de phrase).
Je te demande encore une fois de venir m' " éclairer" par ton immense richesse culturelle.
Très objectivement .

Je ne vais pas t'éclairer beaucoup car il ne s'agit pas d'une règle grammaticale mais simplement de l'usage dans les écrits ésotériques.
Le grand Art ou Art Royal est le Grand Oeuvre, la transformation de soi et de la matière par le biais de l'alchimie. Voilà la seule explication que je puisse te donner.
Au passage regarde bien les lettres majuscule en gras : ARGO!... Penses tu que ce soit un hasard?...

Quand à ma pseudo "richesse culturelle" elle n'est que le fruit d'une immense curiosité dans tous les domaines et d'un amour immodéré de la lecture en particulier des ouvrages ayant un contenu instructif quelque soit le sujet abordé et étant donné mon âge, j'ai eu l'occasion de pouvoir parcourir des centaines de livres et d'en retenir une petite partie...

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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Jeu 10 Mai - 16:06

<Le grand Art ou Art Royal est le Grand Oeuvre, la transformation de soi et de la matière par le biais de l'alchimie. Voilà la seule explication que je puisse te donner.
Au passage regarde bien les lettres majuscule en gras : ARGO!... Penses tu que ce soit un hasard?...> sic Magique

alors Argot, Argos, Argon etc ont aussi un sens caché ?
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Re: D'antan et toujours

Message par Invité le Jeu 10 Mai - 18:54

tout dépend de l'auteur et ce qu'il "vénère", ou si vous voulez: pour lui le plus important....
car exemple peut-être un peu radicale: les mots église et Eglise ,pour les catholique ou les croyants ... (é)glise: est le temple où se rassemblent les fidèles et (E)glise:est la représentation de dieu et jésus christ

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Re: D'antan et toujours

Message par Invité le Jeu 10 Mai - 20:22

non, non, pas d'accord,

églésia, veux dire : la réunion des croyants et fait que cette Eglise existe, quel que soit son type cela est valable pour une secte, on bien vu l' amalgame facile avec jésus christ, nouveau testament et dieu ancien testament pour simplifier à l'extrème que les archontes me pardonnent.

votre tempète perso

Tout à fait d'accord chère Coriolis, eglise signifie bien une réunion de croyants et peut donc fort bien s'appliquer à toutes les réunions de ce type et pas seulement celles basées sur le Christ.

corr

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Re: D'antan et toujours

Message par magique le Ven 11 Mai - 8:27

compadiou a écrit:
alors Argot, Argos, Argon etc ont aussi un sens caché ?

En effet :
Pour argos, je ne puis que te renvoyer sur google à la recherche de la toison d'or avec Jason!...
Pour argot il s'agit d'un langage utilisé par les truands puis ensuite par les gens du petit peuple pour pouvoir communiquer sans être compris des bourgeois et des policiers. Mais, au départ, il s'agit de ce Fulcanelli appelle dans son ouvrage "Le mystère des cathédrale" (des deux ouvrages de Fulcanelli, c'est le plus petit en volume mais le plus important en contenu) la "langue des oiseaux".
Ainsi argo, argot, argos ont la même signification. Ensuite, tu peux faire une inversion de voyelles par exemple Tora et Tarot auront la même signification ou de consonne ainsi rota et tora seront à mettre en rapport.
Un autre exemple qui m'est plus personnel : magie ou jamy c'est la même chose (Jamy est le diminutif de mon prénom et c'est en raison de ce rapport que je l'ai conservé comme pseudo lorsque je signe mes écrits, peintures ou sculptures).
Par contre, pour argon, là je n'en sais rien mais après tout, il faudrait peut-être se pencher sur l'argon et étudier ses propriétés et on y découvrira peut-être un rapport avec argo, argot ou argos!?...
Voilà donc un travail à faire!...

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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Ven 11 Mai - 13:15

http://fr.wiktionary.org/wiki/Wiktionnaire:Questions_sur_les_mots#art_ou_Art

"art ou Art

Dans quel (s) cas doit on écrire "art" avec une majuscule ? (REGLES ?)

Normalement, « art » s'écrit avec une minuscule, même dans des expressions comme « du grand art ». On peut toutefois l'écrire avec une majuscule si on veut plus ou moins déifier l'art, lui donner une importance suprême. Mais ce n'est jamais obligatoire. L'utilisation de la majuscule, qui est de nature emphatique, peut être considérée par certains comme trop ostentatoire, surtout si on en abuse. Nepas ledire 9 mai 2007 à 15:59 (UTC)

Beaux-Arts s'écrit avec une majuscule, en français comme en anglais. C'est plus du a l'usage qu'a une regle absolue. --Diligent 9 mai 2007 à 17:02 (UTC)
Art nouveau, tout comme Renaissance, prend une majuscule quant il s'agit de se référer a une période donnée."

Confirmation par WIKTIONNAIRE

Merci Magique Jamy
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Re: D'antan et toujours

Message par compadiou le Ven 11 Mai - 14:17

magique a écrit:
compadiou a écrit:
alors Argot, Argos, Argon etc ont aussi un sens caché ?

En effet :
Pour argos, je ne puis que te renvoyer sur google à la recherche de la toison d'or avec Jason!...
Pour argot il s'agit d'un langage utilisé par les truands puis ensuite par les gens du petit peuple pour pouvoir communiquer sans être compris des bourgeois et des policiers. Mais, au départ, il s'agit de ce Fulcanelli appelle dans son ouvrage "Le mystère des cathédrale" (des deux ouvrages de Fulcanelli, c'est le plus petit en volume mais le plus important en contenu) la "langue des oiseaux".
Ainsi argo, argot, argos ont la même signification. Ensuite, tu peux faire une inversion de voyelles par exemple Tora et Tarot auront la même signification ou de consonne ainsi rota et tora seront à mettre en rapport.
Un autre exemple qui m'est plus personnel : magie ou jamy c'est la même chose (Jamy est le diminutif de mon prénom et c'est en raison de ce rapport que je l'ai conservé comme pseudo lorsque je signe mes écrits, peintures ou sculptures).
Par contre, pour argon, là je n'en sais rien mais après tout, il faudrait peut-être se pencher sur l'argon et étudier ses propriétés et on y découvrira peut-être un rapport avec argo, argot ou argos!?...
Voilà donc un travail à faire!...

Merci cher hiérophante


http://www.all2know.com/fr/wikipedia/n/na/navire_argo__constellation_.html
http://www.all2know.com/fr/wikipedia/a/ar/argos.html
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Message par Clovis le Ven 11 Mai - 21:39

magique a écrit:

Je ne vais pas t'éclairer beaucoup car il ne s'agit pas d'une règle grammaticale mais simplement de l'usage dans les écrits ésotériques.
Le grand Art ou Art Royal est le Grand Oeuvre, la transformation de soi et de la matière par le biais de l'alchimie. Voilà la seule explication que je puisse te donner.
Au passage regarde bien les lettres majuscule en gras : ARGO!... Penses tu que ce soit un hasard?...

Quand à ma pseudo "richesse culturelle" elle n'est que le fruit d'une immense curiosité dans tous les domaines et d'un amour immodéré de la lecture en particulier des ouvrages ayant un contenu instructif quelque soit le sujet abordé et étant donné mon âge, j'ai eu l'occasion de pouvoir parcourir des centaines de livres et d'en retenir une petite partie...


Le grand Art ou Art Royal est le Grand Oeuvre, la Transformation ............... ,


Eh oui, Magique, & confrères,que ce fusse pour l'ésotérisme ou le langage, l' A.R.G.O.T doit à son Abécédaire secret de fournir un langage autre que celui courant, incompris du peuple commun qui en fit des R.A.G.O.T.s pour tenter de le comprendre, hors sa Transformation. scratch !

Mais je prends l' R , sinon, j'aurai droit au G.A.R.-.O.T de ceux qui parlent trop !!!affraid

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